Etats généraux de l’industrie en Bourgogne : comme un malaise …
Les propositions du patronat sont entendues, celles des salariés sont ignorées !
Reprenant une proposition de la CGT, le gouvernement a organisé des « États Généraux de l'Industrie » qui se concluront par une convention nationale début février 2010. En Bourgogne, le Préfet de région a organisé des ateliers régionaux dont il a présenté la synthèse finale le 18 janvier 2010 à Dijon.
Le Comité Régional CGT a participé à l'ensemble des travaux pour y porter et faire entendre les propositions CGT pour l'industrie.
Des États Généraux de l'Industrie en Bourgogne qui ne répondent pas aux exigences d'emploi et de réindustrialisation !
Ces États Généraux auraient pu être un début de réponse à l’exigence ancienne de la CGT d’un débat national pour une véritable politique industrielle.
Alors que l'industrie tient une place importante dans le développement économique et social de la Bourgogne, la CGT a décidé de prendre toute sa place régionalement, comme elle le fait nationalement, dans les différentes initiatives pour porter nos propositions et nos revendications en matière de politique industrielle et d'emplois pour notre région, notre pays, mais aussi en Europe.
La CGT est la seule organisation syndicale de salariés à avoir transmis des propositions écrites et à avoir participé aux différents ateliers en Bourgogne.
Alors que la phase régionale se termine, nous ne pouvons que constater que ces États Généraux de l'Industrie se limitent à une opération de communication destinée à dédouaner gouvernement et patronat de leurs responsabilités.
- Les propositions retenues sont peu nombreuses, vagues, convenues, voire attendues et déjà annoncées par le Ministre de l'Industrie.
- Leur présentation est formatée pour entrer impérativement dans des tableaux définis nationalement, imposant un contenu.
- Elles comportent les mêmes vieilles recettes qui ont montré leurs limites et leur inefficacité.
Il n'y a aucune ambition, aucune remise en cause d'un système en faillite où la financiarisation de l'économie, la recherche de profits de plus en plus importants sont roi et dictent la politique économique et industrielle gouvernementale et patronale.
On continue comme avant ! Comme si la crise n'avait pas existé, comme si la casse industrielle et les délocalisations n'étaient pas une réalité, comme si le chômage ne cessait pas d'augmenter, comme si les salariés avec ou sans emploi n'étaient pas toujours les victimes des décisions prises …
Aucune proposition retenue ne concerne le travail et l'emploi.
Le projet et les propositions patronales sont largement pris en compte. Par contre aucune des propositions de la CGT, pourtant nombreuses, n'est reprise, alors aussi que certaines avaient rencontré un écho parmi les participants aux ateliers régionaux, alors que des dossiers avancent dans les départements et les territoires pour d'autres alternatives.
Si cette démarche est confirmée, la CGT est très inquiète pour l'avenir de l'industrie et de l'emploi en Bourgogne, d'autant qu'on retrouve la même démarche dans les autres régions et nationalement. Il y a là un choix dangereux du gouvernement pour l'industrie nationale.
Pour la CGT, notre pays a besoin d'une stratégie industrielle.
Le développement industriel, tant en terme de productions que d'emplois, est un élément clef pour préparer l'avenir, en maintenant et développant l'existant dans sa diversité, en développant de nouvelles industries. Ceci implique volonté, développement de la recherche et de l'innovation, réorientation des financements, revalorisation du travail.
Pour la CGT, politique industrielle ne va pas sans politique sociale
C'est notre première priorité. Les femmes et les hommes qui travaillent doivent, au-delà de vivre de leurs activités, être reconnus pour leurs qualités professionnelles.
Reconnaître le travail,c’est prendre en compte la qualification, c'est augmenter les salaires, c’est organiser le travail pour assurer le bien-être, c’est permettre la formation qualifiante, c’est structurer la solidarité inter-générations pour la retraite et la santé ...
Donner de l’avenir à la politique industrielle, c’est assurer une chaine solidaire de la production dans une filière et c'est allouer les moyens pour la recherche et l’innovation.
C’est avec cet ensemble que nous construirons une véritable réponse aux besoins individuels et collectifs. C’est avec cette cohérence que le CGT a investi les « États Généraux pour une politique industrielle ».
La CGT a des propositions
Pour l'innovation et la recherche :
- Accroitre l'effort collectif de recherche et d'innovation, avec une priorité donnée au développement humain et aux technologies respectueuses de l'environnement.
Pour les financements :
- Réorienter les flux de financement et de crédit en créant des Fonds régionaux pour l'emploi s'appuyant sur la création d'un pôle public financier afin de mettre la finance au service du développement, notamment industriel.
- Mieux articuler et coordonner régionalement les différents acteurs.
- Créer un grand pôle public de financement du développement industriel et de l'emploi.
- Peser sur les choix des entreprises à travers le système fiscal.
Pour les filières :
- Modifier les relations entre donneurs d'ordres et sous traitants.
- Donner aux PME les moyens de se développer.
- Transformer les pôles de compétitivité (Pôle Nucléaire de Bourgogne et Vitagora) en véritables pôles de développement.
- Revisiter l'ensemble des filières industrielles bourguignonnes: notamment nucléaire et énergétique (charbon, bois énergie, biomasse), agroalimentaire avec la transformation sur place, bois avec la deuxième transformation en territoires, automobile avec la mise en place d'une synergie entre équipementiers, céramique en Charollais, textile ...
Pour les salariés et l'emploi :
- Revaloriser le travail en développant un nouveau statut pour le travail salarié et une sécurité sociale professionnelle.
- Donner de nouveaux droits d'intervention pour les salariés.
Nous considérons que l'État a un rôle essentiel pour relancer une politique industrielle nationale et développer une industrie compétitive qui s'appuie sur la revalorisation du travail et l'aménagement des territoires.
La CGT n'entend pas que ce dossier soit refermé à l'issue de la synthèse nationale. Tout doit être mis en œuvre pour répondre à une ambition : favoriser une politique industrielle ambitieuse pour notre région, notre pays. La CGT continuera donc à porter ses propositions pour le développement industriel et l'emploi et à appeler les salariés à agir.
| < Préc | Suivant > |
|---|




