Compte rendu réunion avec Monsieur le Préfet

EMPLOI INDUSTRIEL - Compte rendu réunion avec Monsieur le Préfet du 6 février 2009.

Nous avons indiqué à Monsieur le Préfet que nous étions aujourd’hui, enfin réunis pour tenir une réunion au niveau local avec les représentants des unions départementales syndicales afin d’aborder les dossiers de restructurations de notre département.

« La réunion de ce jour, se tient dans un contexte particulièrement lourd de dangers pour les salariés de ce pays et tout particulièrement dans notre département.

En effet, ce ne sont pas moins de 1 100 annonces de licenciements entre fin 2008 et début 2009 programmés dans notre département et 73 entreprises connaîtraient de mesures de chômage partiel ».

Nous avons indiqué que la réunion de ce jour comportait un ordre du jour pour le moins ambigu. Que signifie : « aborder toutes les problématiques concernant les différents secteurs touchés par la crise économique « ?

Pour notre part, étant implantés dans les entreprises les plus touchés par les licenciements annoncés et les mesures de chômage partiel, nous avons souhaité discuter de mesures concrètes, concernant leur sort et avons pris bonne note de la circulaire de Mme LAGARDE qui indique que dans les différents secteurs touchés plus particulièrement par les restructurations : automobile, agro-alimentaire, bois/papeterie/imprimerie, semi-conducteurs, sidérurgie, textile, il serait tenu des réunions thématiques, qui seront préparées en relation avec les cabinets d’expertise des organisations syndicales, auront pour objet :

  • de présenter la situation économique du secteur,

  • d’examiner le cas de quelques entreprises du secteur menant des restructurations,

  • d’étudier les mesures d’accompagnement social et de revitalisation prévues,

  • d’évoquer la mise en place de mesures permettant d’anticiper les mutations économiques prévisibles à moyen et long terme en particulier par le biais d’une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences appliquée à une branche, une filière ou des bassins d’emplois.

Dans le Nord, des réunions se sont tenues, sous l’égide du Conseil Régional et de la Préfecture, par filières et par secteurs, Etat, patronat et syndicats s’articulant avec des réunions concrètes par bassin d’emploi pour travailler sur plusieurs aspects :

  1. Réponse à la crise immédiate avec la mise en place de la sécurité sociale professionnelle et voir si ils pourraient être éligibles en contrats de transitions professionnels,

  2. Porter spécifiquement et concrètement les questions de stratégie, de développement industriel et du contrôle des fonds publics.

Le Préfet a promis d’étudier la faisabilité de ce dispositif dans l’Yonne.

Concernant le dispositif mis en œuvre par l’Etat, nous avons toutes organisations confondues, avec une nuance CFTC, dénoncé son insuffisance par rapport aux enjeux.

Si nous avons fait un constat similaire quant à la situation de l’emploi, avec une indication sur le fait que les cas particuliers seraient exclus de cette réunion ( !?), avec plus de 10 500 demandeurs d’emplois (cat. 1) dans l’Yonne, les solutions divergent.

Le Préfet caractérise la situation d’alarmante avec en particulier, le départ de nombre d’intérims des entreprises et les licenciements en cours ou programmés.

Nous regrettons l’absence de la Direction du Travail (retenue par les Paul Renard), des collectivités locales et des services de l’emploi sans oublier le MEDEF. Sous divers prétextes, le Préfet se refuse actuellement à organiser une réunion plus large (ne pas en faire une tribune, ne pas donner l’illusion…). Cela nuit nécessairement à de plus larges possibilités d’interventions de la part des différents acteurs.

Suite à l’action de l’Etat, elle n’a été amenée que sous deux angles principaux :

  • le comité restreint d’Auxerre avec le médiateur local du crédit qui permet aux TPE et PME d’obtenir des facilités bancaires soit 30 dossiers.

Ceci parait bien dérisoire par rapport à la situation actuelle de licenciements massifs et de chômage partiel exponentiel (de 9 900 jours en 2007 à 87 000 en 2008 !).

  • le Préfet recommande la mise en œuvre au maximum des mesures de chômage partiel comme permettant d’éviter des licenciements.

Et indique que l’action de l’Etat n’a pas être médiatisée pour être active et efficace !

Et a donné lieu à une action « discrète » avec une assez vive réaction à la crise financière et ses conséquences !

Il ne souhaite donc pas délivrer de messages forts comme nous le souhaitons envers les entreprises et déplorent, comme nous, l’annonce brutale des licenciements.

A noter aussi que le Préfet se dit choqué par le mélange public/privé dans les manifestations comme celle du 29 janvier car on ne peut mélanger les personnels sous statut avec garantie de l’emploi et ceux qui le perdent !

L’ensemble des organisations présentes se sont offusquées.

La CGT a indiqué qu’il n’y avait pas contradiction car :

- les fonctionnaires ont de moins en moins de garanties statutaires (loi sur la mobilité géographique en stand bye)

- les services publics participent de la cohésion nationale, permettent de garder une proximité de suivi et la justice sociale,

- leur présence facilite l’installation des entreprises,

- moins d’emplois publics, c’est moins d’empois tout court !

A noter que l’intervention de l’Etat, dans la dernière période et plus particulièrement chez Paul Renard, ne s’est fait qu’après décision de grève illimitée sur le site.

Voici les revendications que nous portons

  • droit de veto suspensif,

  • étudier toutes les alternatives aux licenciements et au chômage partiel

  • mettre la pression sur l’Etat par rapport à cela (contrôle etc…)

  • contrôle des fonds publics et restitution des aides si besoin

  • formation professionnelle continue dans les entreprises et pas uniquement au moment des P.S.E

  • favoriser la transmission des entreprises

  • mettre en œuvre le nouveau statut du travail salarié.

Nous nous battons aussi avec nos syndicats pour garder les emplois et (ou) trouver des repreneurs.

Nous somme aussi attentifs sur les mesures de reclassement, leur coût et leur efficacité.

A ce titre, nous intervenons dans les comités de suivi de la revitalisation du tonnerrois et du sénonais

Car de nombreux emplois crées dans ce cadre ne sont pas des emplois stables.

Par ailleurs, le plan de relance tant du Conseil Général (vélo route, voirie, etc…) que départemental (voie ferrée sud Cravant, réfection de la Cathédrale de Sens et St Julien du Sault) ne nous paraissent pas à la hauteur des enjeux et surtout inadaptés par rapport à la destruction en cours du tissu industriel.

Peu d’illusions d’ailleurs sur ce dernier plan pour le Préfet qui indique qu’il s’agira au mieux de créer des emplois et à tout le moins sauver des emplois !

En clair, pour la CGT, sauvegarder des emplois dans des entreprises qui auraient du couler !

Nous restons vigilants et jugeons de notre participation à une prochaine réunion en vu de la prise en compte (ou pas) de nos demandes.

Gallerie Photos

Les dessins de Langouro