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La réforme Sarkozy des retraites : la réforme la plus sévère d'Europe
La réforme Sarkozy des retraites : la réforme la plus sévère d'Europe
Le gouvernement et les élus de droite tentent de faire croire aux salariés français qu’ils seraient les derniers « privilégiés » d’une retraite à 60 ans et qu’il conviendrait de s’aligner sur d’autres pays, plus « raisonnables », qui ont choisi de reculer l’âge de départ en retraite et auraient ainsi réussi à sauver leurs régimes de retraites.
Or, contrairement à ce que la propagande gouvernementale s’efforce d’affirmer, la France a subi des réformes particulièrement sévères. Le projet Sarkozy – Woerth ferait nettement de la réglementation française la plus dure parmi les pays comparables … alors que notre pays connait une des démographies les favorables.
Le gouvernement cite fréquemment l’Allemagne en exemple en assénant à ceux qui refusent le report de l’âge légal de départ en retraite « En Allemagne, l’âge de départ en retraite est de 67 ans ».
Or, la réalité en Allemagne c’est que :
- en 2012, l’âge minimum est fixé à 63 ans dès que sont atteintes 35 années (35 !) années de cotisations,
- il n’y a pas de conditions d’âge à partir de 45 années de cotisations,
- l’âge pour le taux plein passera de 65 à 67 ans d’ici 2029, c’est-à-dire en 19 années, avec des paliers de 1 mois puis 2 mois, alors qu’en France, après les cadences trimestrielles des réformes antérieures, le projet Woerth envisage de passer à 67 ans d’ici 2018 : en 8 années par paliers de plus de 3 mois !
- l’âge pour le taux plein est maintenu à 65 ans pour 45 années de cotisations.
Le tableau en annexe, réalisé à partir de données de l’OCDE, montre que, en France, le taux de remplacement net moyen était, avant les réformes de 1993 et 2003, supérieur à 75% et qu’il tombera à 65,7% après la réforme. Il montre aussi que le taux de remplacement (rapport entre le dernier salaire et la première pension de retraite) est loin, en France, d’être le plus généreux de ceux des pays comparables.
Ce tableau montre aussi que la réforme française est l’une des plus sévères (voire, la plus sévère !).
En effet, la dégringolade du taux de remplacement est de 16%. Si, en Italie et au Portugal, les baisse du taux de remplacement sont plus élevées, il faut remarquer que les réformes mises en oeuvre laissent au final des taux de remplacement plus importants qu’en France (74,8% et 69,6% contre 65,7% en France). Seule la Suède fait pire.
Dans le contexte de mensonges et contrevérités gouvernementales et UMPiennes, le soutien de la DGB, première centrale syndicale allemande, envoyé au secrétaire général de la CGT, est un geste qui nous fait chaud !!
Au-delà du message de soutien, il est important de faire connaître au plus grand nombre la dénonciation portée par les syndicalistes allemands sur le recul de l’âge de départ à la retraite ainsi que les incidences négatives analysées chez eux sur le niveau des pensions, la dégradation de la santé des salariés et le chômage des seniors.
L’allongement de l’âge de départ à la retraite imposé en Allemagne, jugé socialement injuste et conduisant à la privatisation des systèmes de sécurité sociale, est l’objet de la bagarre actuelle et continue menée par la DGB.
A n’en pas douter, les syndicalistes d’Europe construisent des suites concrètes à la journée d’action européenne du 29 septembre.
Tous ensemble pour nos retraites, en France comme en Europe !



