Après 4 ans de galère, le lycée Fourier ne veut plus ramer

Lycée Fourier d’Auxerre : l’inspecteur d’Académie ouvre,... le Recteur ferme ?

La mobilisation se poursuit au Lycée Fourier d’Auxerre pour obtenir le maintien, dans des conditions décentes pour les élèves, les familles et les profs, d’une section technologique industrielle digne de ce nom.

Après avoir exposé auprès de l’Inspection académique de l’Yonne, puis au recteur (lire la Lettre ouverte de l’Intersyndicale CGT, SNES-FSU et SGEN-CFDT) les arguments objectifs pour le maintien des 8 postes d’enseignants (dont 4 en section industrielle), l’intersyndicale a, de nouveau, été reçue, jeudi matin 25 février par l’Inspecteur d’Académie de l'Yonne, désormais en charge de la gestion des lycées (Lire la demande d’audience).

A l’issue d’une heure d’échanges, l’Inspecteur d’Académie a pris l’engagement de réétudier dès lundi 1er mars le cas du Lycée et de « faire bouger les lignes » (sic), à savoir :

 

  • revoir à la hausse les moyens d’enseignement (= nombre d’heures de cours dispensés par semaine au lycée) alloués à Fourier à la prochaine rentrée scolaire
  • transformer des heures supplémentaires en « heures-postes » (= heures non-supplémentaires) afin de permettre le maintien des postes proposés initialement à la suppression.

S’il n’y a aucune certitude quant à la satisfaction de la demande formulée par l’intersyndicale dans son préavis de grève (maintien au moins des 4 postes d’enseignants de la filière technologique industrielle), les personnels du lycée, réunis en heure d’informations syndicales, jeudi après-midi, ont estimé qu’il y avait, là, de la part de l’Inspecteur d’Académie, un geste d’ouverture, geste d’autant plus appréciable que le Recteur, rencontré le 4 février, avait paru hermétiquement fermé à toute avancée.

Ils ont donc décidé de ne pas mettre à exécution le préavis de grève déposé pour vendredi 25 février et d’attendre les nouvelles propositions que l’Inspecteur d’Académie fera lundi soir pour décider, dès mardi matin 8h, en assemblée générale, si le recours à la grève reconductible est nécessaire et si les responsabilités de la situation dégradée du Lycée doivent être clairement pointées.

Les personnels sont cependant confiants !
Plusieurs raisons à cela.

D'abord, après avoir laissé le lycée traverser tant bien que mal 4 années difficiles, les autorités de l’éducation nationale lui doivent de ne pas entamer l’année scolaire 2010-2011 avec des moyens rognés,

Ensuite, alors que le gouvernement (et le ministère de l’éducation nationale en tête) prône de gérer à l’économie les finances publiques, comment expliquer aux contribuables que 8 enseignants vont être payés à ne pas avoir d’élèves devant eux pendant que d’autres feront des heures supplémentaires ?

Rien que pour la filière technologique industrielle, les 4 suppressions de postes se traduiraient par :

  • 24, 41 heures supplémentaires (le coût annuel de ces heures supplémentaires serait compris entre 31 361,73 euros et 34 497,68 euros selon le statut des enseignants appelés à faire ces heures)
  • 4 profs qui, si leurs postes étaient maintenus, pourraient faire 72 heures de cours par semaine mais qui, du fait des suppressions, ne seront appelés à en faire que 27. Autrement dit : 27/72èmes de leurs salaires rémunèreront une activité professionnelle pendant que 45/72ème de leur salaire ne correspondront à … aucune activité ! Le salaire annuel étant, en moyenne, pour les enseignants en danger, de 29 357,40 euros, près de 73 400 euros sont lâchés dans la nature pour rien par le ministère de l’éducation nationale alors que dans le même temps, comme si cela ne suffisait pas, il en dépense plus de 30 000 pour payer des heures supplémentaires.

Quelle saine gestion des deniers publics !

Enfin, Madame le Recteur, si elle est fidèle à ses propos, ne peut que maintenir 5, voire 6 !, des 7 postes qu’elle envisage de supprimer sur la partie Lycée général et technologique de Fourier.

En effet, sous le titre « Plus d’élèves, plus de profs », que l’on souhaiterait être l’image fidèle de ce que ce sera la rentrée 2010, l’Yonne républicaine du vendredi 26 février relatait certains des propos du Recteur de l’Académie de Dijon.

Le recteur y annonce qu’avec 1 557 élèves prévus en plus à la rentrée 2010, les collèges et lycées de la région accueilleront 91 enseignants supplémentaires, autrement dit, en moyenne, 1 poste d’enseignant est créé quand 17 élèves apparaissent.

Alors, prenons le cas de Fourier !

Pour la partie générale et technologique du lycée, les prévisions d’effectifs faites par le rectorat donnent 27 élèves de moins à la rentrée 2010 que cette année. Tout au plus, pourrait-on légitimement penser que, 1 poste de prof étant créé quand 17 élèves apparaissent, si 27 disparaissent c’est un poste et demi d’enseignant, voire, au pire, 2 postes, qui vont être supprimés … Et pourtant non !

Ce ne sont pas moins de 7 postes que le recteur envisage de supprimer sur le lycée (4 en STI, 1 en histoire-géographie, 1 en math et 1 autre en EPS) ! Pour une prévision de 27 élèves de moins …

S’appuyant sur les propos du Recteur, l’intersyndicale CGT, SNES-FSU et SGEN-CFDT demande donc que ce soient au moins 5 postes qui soient maintenus afin que la même règle s’applique pour les créations et les suppressions : 17 élèves en plus ou en moins = 1 poste d’enseignant en plus ou en moins.

Les personnels espèrent que l’Inspecteur d’Académie de l’Yonne appliquera à la règle les méthodes de calcul du Recteur !

Réponse lundi.
Action mardi ?

 

 

 

 

 

Gallerie Photos

Les dessins de Langouro