Non à la fermeture orchestrée du site de Lafarge Frangey

Contre la fermeture orchestrée du site de Lafarge Frangey (Tonnerrois)

 Premier cimentier mondial, le groupe Lafarge emploie 8.000 personnes en France (dont 1.500 chez Lafarge Ciments) et 76.000 dans le monde. Le groupe est présent dans 78 pays. Son chiffre d'affaires, en 2010, s'est élevé à 16,2 milliards d'euros, dont 60% dans la branche ciment, 32% dans la branche béton et granulats et 8% dans la branche plâtre.
En mai 2011, Lafarge a rendu public ses résultats au 31 mars 2011 sous ce titre : «Forte progression des volumes et des ventes au premier trimestre, croissance des résultats et réduction significative de la dette attendue en 2011». Le chiffre d’affaires est en progression de 9%. En 2010, le premier cimentier mondial a dégagé 827 millions de bénéfices et en a versé 34,6% à ses actionnaires.

L'usine de Frangey (Yonne) emploie 74 salariés en CDI, 5 en contrat de qualification et un en CDD. Le site est en activité depuis 1930. C’est la plus petite cimenterie française (le Directeur Général n'a t-il pas dit "que 74 salariés" ?).
Au 1er aout 2011, il ne devra rester plus que 22 salariés sur le site, 10 au 1er décembre 2011, fermeture définitive le 31 décembre 2012. (lire et imprimer le document CGT Lafarge) 

La direction explique sa décision par le fait que l’usine est « en surcapacité dans un marché local de petite taille », qui « peut difficilement s’adapter à l’évolution des besoins en nouveaux ciments à faible empreinte environnementale ». Lafarge invoque également un « coût de production élevé » et « un faible taux d’utilisation du four ». Autre point soulevé par Lafarge : la difficulté d'approvisionnement, dans un site enclavé, en matériaux tels que laitier sidérurgique et cendres volantes, qui peuvent entrer dans la composition du ciment.

Balivernes, mensonges et duperies !!!

Une cimenterie, c'est essentiellement un four.
Ce dernier sert à fabriquer du "clinker", constituant principal du ciment. On broie le clinker avec du calcaire et du gypse/plâtre pour obtenir le produit fini.

Depuis plus de 2 ans, le marché naturel de Frangey a été dévoré par ses sœurs dans le cadre d'une « réorganisation commerciale » : le Loiret et la Nièvre approvisionnés par l'usine de St Pierre la Cour (proche de Vitré), le sud parisien par celle du Havre, la Côte d’Or, et ce jusqu'à Montbard et Châtillon sur Seine, par celle de Val d'Azergues proche de Lyon. Des sacs de ciments Lafarge provenant de l'usine de La Malle (Marseille), du Multibat (produit fabriqué aussi à Frangey) ont été vendus chez Weldom à Tonnerre !!! Dans ces conditions, que peut-il bien rester de ce marché naturel ?
Le marché est "atone" parce que la direction du groupe l'a voulu ainsi !

La direction provoque ainsi un deuxième effet : des arrêts des installations fréquents.
Avec des ventes au ralenti, le clinker s'accumule et l'usine doit s'arrêter par stock plein. De longs arrêts, car les ventes étant faibles, le stock de clinker se vide lentement mais se remplira très vite une fois le four redémarré ... Cercle vicieux.
Quant au coup de production, un équipement à l'arrêt n'est-il pas qu'un centre à « frais fixes » pour la direction ?

Il faut savoir que l'usine de Frangey a toujours été une des plus rentables du groupe de par sa facilité à brûler des combustibles dits de valorisation (solvants, farines animales et autres déchets industriels). La combustion de ces déchets réduit énormément celle des combustibles fossiles (fuel, charbon) et permet donc par la même une réduction d'émissions de gaz à effet de serre. rangey a servi de laboratoire au groupe et de leader dans ce domaine. Grace à ce procédé, entre autres, un sac de ciment sur deux était gratuit en 2007 (Lafarge est grassement payé pour éliminer les déchets). Mais pour brûler ces déchets, le four doit fonctionner ...
Donc pas de ventes, usine stoppée, impossibilité de se servir de ses atouts majeurs (d'ailleurs longtemps mis en exergue par la direction), donc problème de « rentabilité ».

Lafarge parle aussi de problèmes dans l'acheminement du laitier (résidu de haut fourneau), mais les hauts fourneaux de Pont à Mousson (Nancy) et de Florange (Metz) ne sont pas si éloignés que cela, surtout quand on est prêt à faire traverser la France à une palette de ciment plutôt que d'effectuer 25 km.
Quand Lafarge parle d'empreinte environnementale, il se contrefout des kilomètres parcourus par les camions pour phagocyter le marché de Frangey, mais quand il s'agit du laitier ....

A noter, pour en finir avec l'impossibilité d'adaptation environnementale, que Frangey a été par deux fois la seule usine au MONDE a réussir à produire le clinker du futur (-30% d'émission de CO2) en 2010 et 2011, jusque là uniquement testé en laboratoire en Pologne.
Ce clinker sera produit en 2040-2050 et seule Frangey l'a fait.
Malgré de faibles investissements de maintien, Frangey a longtemps figuré parmi le top 10 de la fiabilité des fours Mondiaux. Dans un passé tout proche, les unités que sont St Pierre la cour, le Havre ne pouvaient fournir leurs clients que grâce à l'apport de la production de Frangey. Les arguments de la direction sont bidons !!!
Si tu veux te débarrasser de ton chien tu dis qu'il a la rage.

Depuis l'annonce du projet de fermeture, de nombreuses actions ont été entreprises, avec la compréhension, l'approbation et le soutien de nombreux citoyens et de nombreux élus, tous conscients du coup de grâce porté à toute la région que serait l'aboutissement de ce projet.
Depuis le lundi 6 juin toutes les usines du groupe en France ont cessé leur activité. Pas un kilo n'est sorti des usines pendant 4 jours. 5 jours pour Frangey.

Ici, de nombreuses actions ont été entreprises : manifestations dans les communes environnantes avec parfois blocages de trains et de ronds points (Lézinnes, Ancy le Franc, Tonnerre, Montbard) toujours de manière pacifique et avec l'accord des forces de l’ordre, entretien avec le Préfet, assemblées avec les élus (35 sont venus !!). Et une manifestation au siège pendant ce qui devait être le 1er CCE et qui s'est transformé en charge de CRS avec un copain sur le carreau, des femmes et des élus molestés sans ménagement.

Les surcapacités de ses usines mises en avant par la société cachent une stratégie économique et sociale dont la finalité pure et simple à moyen terme est de développer des stations de broyage de clinker (matière sortant des fours des cimenteries) afin d’en importer plus tard.
La CGT a dénoncé depuis plusieurs mois cette stratégie ayant pour finalité la fermeture de plusieurs usines. Lafarge Ciments met en avant la compétitivité mais oublie de parler de la rentabilité qui se situe autour des 30% en période de crise comme en période d’activité normale. Pour comparaison, la rentabilité de l’industrie automobile française se situe autour des 4%». Les plus gros investissements se font dans les pays émergents (Proche Orient, Moyen Orient et Asie) alors que les marchés matures comme la France sont laissés sur la touche et subissent même des baisses importantes d’investissements de maintien essentiels à l’entretien de l’outil industriel.
Investissements à l'étranger, fermeture des sites français !

Il s’agit donc d’une volonté sans faille de LAFARGE Ciments de fermer des sites très rapidement. D'autres suivront bientôt. Val d'Azergues (Lyon), Contes (Nice) seront les prochaines. C’est ce que laissait fortement présager un graphique de la direction lors de l'annonce de son projet.

Pour la CGT Lafarge, il n’y a pas d’autre issue à ce conflit que le maintien de l’activité industrielle de l’usine de Frangey ainsi que la préservation de tous ses emplois.
Le passage en force, l’indifférence et le mensonge ne pourront jamais pérenniser la société. Depuis plusieurs années, diverses restructurations importantes ont fragilisé sa structure : Lafarge est en train d’être démantelée pièce par pièce.
Aujourd’hui, la société veut fermer l’usine de Frangey. A qui le tour demain ?
Aujourd’hui les femmes et les hommes de Frangey comptent sur nous pour participer aux prochaines actions car il est HORS DE QUESTION que le combat cesse. 

Aussi, la CGT Lafarge et l’Union départementale CGT de l’Yonne lancent un appel à la mobilisation pour les jours qui viennent. C’est de notre responsabilité de soutenir efficacement, avec de la présence et de la participation, les salariés de l’usine de FRANGEY.

ILS ONT BESOIN DE NOUS ! ! !

 

Gallerie Photos

Les dessins de Langouro